Histoire
Du « puech que ard » (montagne qui brûle) du Moyen-Âge à la fermeture de la dernière mine à ciel ouvert en 2001, revivez des siècles d’une histoire façonnée par le charbon, l’acier et les hommes.
Sources : Texte original de Marie-Line Montbroussous, adapté pour le site du musée.
Les Origines
Dans le Bassin de Decazeville, l’existence du « puech que ard » et du « foc sulfrenc » (feu de soufre) est attestée dans des chroniques très anciennes. Dès le XIIIème siècle, l’Etat cherche à redistribuer les concessions d’exploitation, mais se heurte à l’opposition de la population locale.
Au XVème siècle, les propriétaires locaux exploitent les « charbonnières », de petites mines à flanc de coteaux. Le charbon est transporté à dos d’âne vers l’Auvergne ou Rodez, et par gabares sur le Lot jusqu’à Bordeaux.
La Révolution Industrielle
Avec la Révolution française, les mines sont mises à disposition de la Nation. En 1826, la Société des houillères et fonderies de l’Aveyron est créée sous l’impulsion du Duc Decazes et de l’ingénieur Cabrol, tous deux inspirés par l’industrie anglaise.
Le 23 décembre 1828, la première coulée de fonte jaillit du haut-fourneau de la Forézie à Firmi, marquant le début d’une ère nouvelle avec l’aide de formateurs britanniques. La ville de Decazeville, encore inexistante, se développe alors à une vitesse fulgurante autour de ses puits et usines, devenant commune en 1834.
En 1886, l’affaire Watrin amène tragiquement Decazeville sur le devant de la scène médiatique. L’ingénieur Watrin cristallise la rancœur populaire en des temps de récession et sa défenestration lors d’une manifestation marque les esprits.
En 1892, la Société Commentry-Fourchambault absorbe l’entreprise locale et engage d’importants investissements pour moderniser les infrastructures.
Le XXe Siècle : Apogée et Crises
La « Découverte de Lassalle » (mine à ciel ouvert) est ouverte en 1892. À la veille de la Première Guerre mondiale, les usines de Decazeville sont un pilier de l’effort de guerre, produisant obus et grenades. Une main-d’œuvre étrangère, principalement espagnole puis polonaise, afflue, et la vie sociale du Bassin s’intensifie.
L’après-guerre amène une récession, poussant à la diversification avec la création d’une usine de synthèse d’ammoniaque en 1923. La crise des années 1930 accentue le déclin démographique, avant qu’une nouvelle guerre ne redynamise temporairement l’industrie.
Après la Seconde Guerre mondiale, les Houillères sont nationalisées et séparées des usines. Le plan Marshall aide à moderniser la Découverte, et la centrale thermique de Penchot est construite en 1949.
Le Déclin
La création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) accélère le déclin. Le secteur de la chimie est abandonné. En mai 1960, le Ministre de l’Industrie annonce l’arrêt programmé des mines de fond.
Une grève historique de 66 jours, de décembre 1961 à février 1962, avec occupation du fond, interpelle l’opinion nationale mais ne peut empêcher la fermeture de l’exploitation souterraine en 1966.
Les décennies suivantes voient une succession de fermetures et de démantèlements. En 1987, les dernières grandes usines (AFD, SESD, Vallourec) ferment leurs portes. Les cheminées de briques, symboles de la ville, disparaissent du paysage. La Découverte cesse son exploitation en juin 2001.
Aujourd’hui et Demain
On estime à cent millions de tonnes le volume de charbon extrait depuis le début de l’aventure industrielle. Une activité de réhabilitation se poursuit aujourd’hui sur les immenses gradins de la dernière mine à ciel ouvert.
L’histoire du Bassin n’est pas terminée. La population locale, trop souvent meurtrie par tant d’échecs de reconversion, veut encore espérer en l’avenir.
Texte complet disponible en téléchargement : Histoire du Bassin Minier
